Une instance d'évaluation pour faire briller la Réunion

Publié le par AN LEBON

 

Une instance d’évaluation pour faire briller la Réunion

 

            Maintenant que La Réunion, par ses pitons, remparts et cirques, est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, un chemin nouveau à emprunter s’ouvre aux Réunionnais. C’est en effet une occasion historique, par les retombées attendues, de profiter de cet élan unanime dans la mobilisation pour commencer à entrer dans une culture de l’évaluation.

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Photo : Le cirque de Mafate.

            Cette notoriété vient de l’extérieur, bien que personne n’oublie le travail de sensibilisation d’un certain nombre d’experts auprès de l’UNESCO, et elle a été acquise parce que de simples citoyens amoureux de leur terre natale et des décideurs de divers horizons y ont cru. Et le vaste mouvement créé dans la population depuis, par des contributions à un bilan réaliste de l’état de notre patrimoine, par des propositions pour le faire briller encore davantage, peut retomber comme un soufflé si les efforts du public et du privé ne sont pas coordonnés.

            Cette nécessaire évaluation est une démarche large, qui intègre les processus propres aux exécutifs locaux et aux autres structures de décision. C’est un mouvement qui doit pousser la collectivité tout entière vers une « démocratie continue », et les acquis identifiés deviennent alors durables, un adjectif qui dans ce contexte est remis à sa juste place. C’est un chemin difficile, pas un but vite oublié si les résultats ne tombent pas tout de suite.

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Photo : Une partie du « Voile de la mariée » à Salazie.

            On ne peut parler objectivement de critères d’évaluation, de cohérence des actions entreprises, d’atteinte des objectifs et de degrés d’efficacité des mesures que si dès le départ on a le courage et l’honnêteté de donner une suite à cette atmosphère de ferveur qui entoure cette distinction internationale en créant une instance d’évaluation, avec un mandat, un budget, pour une durée. La tâche de cette institution qui doit être indépendante, est de produire, régulièrement et sous sa propre responsabilité, à partir de la confrontation des points de vue un jugement solide et clairement expliqué à la population sur tout ce qui a été entrepris.

            Ce ne peut être qu’une organisation pluridisciplinaire, qui apporte donc un regard transversal dans tout ce qui a été réalisé, et qui garantit la prise en compte de la diversité des regards, des élus, des fonctionnaires, des experts, des entrepreneurs en tourisme et des citoyens sur le terrain qui sont dans des associations. Une organisation qui doit être capable de juger de la qualité des interconnexions entre les différentes sphères intervenant dans ce domaine.

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Photo : Le cirque de Salazie vu du sommet du Piton d’Anchaing.

            Par exemple, il est inimaginable dans le contexte actuel que l’on ne parvienne pas à trouver des moyens pour rendre accessible le Piton d’Anchaing. Des randonneurs ont déjà alerté les autorités de la dangerosité de la première partie de la descente du piton ; et, de plus, comme c’est un excellent point d’observation à 360° de tout le cirque de Salazie, il convient de revoir et d’entretenir tout l’aménagement sur le plateau au sommet. Le temps est venu de mettre en synergie tous les opérateurs, et, surtout, de veiller à l’efficacité des mesures et notamment financières, de façon à offrir durablement ce joyau à tous les publics, par un schéma de procédure cohérent et accepté par toutes les institutions et les entreprises de tourisme du cirque. « C’est demain qui compte », dit le président du Parc national, mais demain est-il vraiment un autre jour ?

Publié dans Politique régionale

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