Dos d'Ane-Roche Ecrite, aller-retour

Publié le par AN LEBON

 

Dos d’Ane - Roche Ecrite, aller-retour

 

Vidéo :   http://dai.ly/f4cNs3

            Cette randonnée est l’une des plus belles que la Réunion peut offrir, parce qu’on y trouve de tout, selon les attentes des uns et des autres, selon ce que l’on a apprécié en d’autres endroits, même si la comparaison n’est jamais complète, compte tenu du profil du terrain et des circonstances climatiques du moment.

            Dès le départ au Cap Noir, à Dos d’Ane, le cirque de Mafate défile à côté des marcheurs sous les premiers rayons de soleil de la journée – c’est un peu la même impression lorsque sur l’autre rive de la rivière des Galets on remonte le sentier des remparts qui va de l’îlet Alcide à Maïdo. Et ce cirque se met à vivre au fur et à mesure que le soleil monte et inonde de lumière tous les recoins des pitons et des remparts. Le spectacle est déjà extraordinaire au Belvédère (après avoir pris l’itinéraire du bas, bien entendu) : Un coup d’œil panoramique est possible, une invitation de la nature en ce lieu, en partant du sommet du Grand Bénare, à droite, à celui de la Roche Ecrite, à gauche, en passant par le Gros-Morne et le Cimendef, pour rester sur la ligne de fond du paysage.

            Du Belvédère à la Roche Verre Bouteille, le soleil continue sa course, illuminant encore plus le paysage ; on peut commencer à mieux percevoir les îlets de la partie basse du cirque. Une fois à la Roche Verre Bouteille, après une grimpette qui donne le ton général de la journée, et qui commence à couper le souffle, car il a fallu grimper pas mal et passer par deux échelles bien scellées dans la roche et par conséquent sécurisées, la luminosité d’ensemble est d’un bon niveau. On peut voir de façon nette la ligne des sommets, et prolonger le regard au-delà des forêts parsemées de pitons de façon à mesurer le chemin qui mène à la montée finale vers la pointe de la Roche Ecrite.

            Après la Roche Verre Bouteille, le sentier file pendant un bon moment sur une crête : à droite, le rempart du cirque de Mafate qui présente toutes ses sculptures dans la roche volcanique ; à gauche, celui de Dos d’Ane avec au fond la partie haute du village et particulièrement la zone de maraîchage et d’élevage. Et c’en est ainsi, de piton en piton jusqu’à la Plaine d’Affouches, sans que l’on y pénètre vraiment pour ceux qui se rendent à la Roche Ecrite – on parle de plaine, mais le terrain est bien loin d’être plat. Pendant tout ce trajet, le sentier continue à tangenter le cirque de Mafate jusqu’à la Plaine des Chicots. Heureusement qu’en ces endroits les merles égayent le paysage ; mieux : ils accompagnent les visiteurs de leur territoire ; les tec-tec, plus familiers, font aussi leur apparition sans doute dans l’espoir de recevoir quelques petites boules de mie de pain. Ce qui compense quelque peu, en été, les désagréments laissés par des mouches qui cherchent à piquer ces intrus pour en tirer quelque profit. La nature est un tout.

            Dans cette partie, c’est un vrai parcours de « Montagnes russes » que l’on endure ; d’interminables escaliers à monter suivis immédiatement de descentes aux marches glissantes que la nature a fagotées à partir des racines entrelacées des arbres qui bordent le sentier finissent par user le marcheur. Et il y en a toute une série puisque ces crevasses à franchir ne sont en fait que les points de naissance de ces ravines que l’on voit en regardant le côté montagne sur le littoral de la Possession. Un paysage étonnant mais qui demande plus de 3 heures d’effort avant d’arriver à la Plaine des Chicots. À vrai dire, en niveau de difficulté, pour reprendre une expression, c’est du « Bassin Vital » exposant 3, pour ceux qui connaissent cette montée près du Tour des Roches à Saint-Paul.

            Et là le terrain devient moins tourmenté, la végétation plus fournie en plantes adaptées à cette altitude : Le tamarin des hauts domine – on y trouve pas mal de beaux exemplaires qui sont couchés ou arqués vraisemblablement sous l’action de vents des derniers cyclones ayant touchés l’île au moment où ils étaient au maximum de leur force ; des fougères arborescentes qui présentent leurs « crosses » aux passants ; des calumets qui donnent de bons matériaux pour l’artisanat. Mais, ce qui étonne, ce sont ces sortes de clairières avec des grandes herbes qui sont remuées, foulées, ce qui laisse à penser que le pâturage est en place en ces endroits (à l’entreprendre vraiment ?), comme cela se fait dans la descente du Col des Bœufs vers La Nouvelle ou dans la zone proche du sentier des remparts un peu plus bas que le Maïdo. La beauté de ces paysages, malgré les bosses à gravir jusqu’au gîte, regonfle le moral des marcheurs avant d’affronter la dernière ascension qui mène au sommet de la Roche Ecrite.

            Cette dernière montée qui part du gîte est une classique que bien des Réunionnais ont faite en plusieurs fois, et le plus souvent en partant du parking du Brûlé, de la commune de Saint-Denis. Mais en venant du Dos d’Ane, les marcheurs arrivent plus fatigués au pied de cette dernière côte, et ils doivent alors puiser dans leurs réserves pour se hisser jusqu’au sommet. Pas loin de 6 heures sont nécessaires depuis le départ, en comptant les arrêts pour se ravitailler, prendre des photos et filmer les moments les plus intéressants, y compris ceux où le marcheur ne peut plus cacher sa fatigue. Et comme c’est souvent le cas aux principaux sommets de l’île, la déception est grande de voir le brouillard qui monte des remparts boucher la vue de tout le cirque de Salazie. Mais la nature sait composer avec les hommes, pour peu qu’ils soient un peu patients : il arrive, pendant certaines journées, et à peu près tous les quarts d’heure, que le voile blanc du brouillard se déchire, et laisse voir en bas, au pied du rempart, le village de Grand-Ilet, et d’autres agglomérations de Salazie, pour se refermer assez vite, sans doute sous les effets du vent sur les nappes de brouillard – il y a bien des turbulences atmosphériques dans ces grandes dépressions que sont les cirques.

            Quand on monte à la Roche Ecrite, si l’on n’a pas réservé des places au gîte, il faut alors bien intégrer le temps du retour pour retrouver les voitures où elles ont été laissées au départ. Par le Brûlé, ce retour est relativement rapide ; mais par le sentier qui rejoint Dos d’Ane, il faut compter 5 heures, soit une durée totale de marche de 11 heures environ. En été, il fait encore jour à l’arrivée, vers les 18H-18H30, pour des randonneurs qui ne font pas la course ; mais, en hiver, la nuit risque de tomber vite dans la dernière partie du trajet, alors la prudence veut que l’on n’oublie pas de mettre une lampe électrique dans le sac, pour mieux assurer le pied et éviter les chutes dans le noir, d’autant qu’à la Réunion il y a parfois des nuits vraiment noires.

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