Premier Mai 2 010, à Saint-Denis de la Réunion

Publié le par AN LEBON

 

1e Mai 2 010, à Saint-Denis de la Réunion :

Pourquoi pas un temps de pénitence ?

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Photo: Défilé à Saint-Denis pour le Premier mai 2 010. 

            Un jour férié, bien entendu, et un samedi encore, quand il n’y a pas cette foule de gens sur les trottoirs des rues qu’emprunte le cortège, qui habituellement stationnent pour regarder le spectacle, ou encourager et même applaudir les manifestants, c’est triste, très triste. À croire que l’événement était complètement déconnecté de la réalité de la ville, qui avait de la peine à se mettre sur pied ce jour-là. Et sous un ciel gris, qui balançait quelques gouttelettes de pluie pour parfaire un tableau peu encourageant que ne parvenait pas à égayer vraiment la grosse sono d’une centrale syndicale, les rituels prenaient malgré tout corps. Pourtant le thème de la défense des acquis de la retraite – à un moment où le gouvernement de Nicolas Sarkozy semble être décidé à tout bousculer – et ceux plus traditionnels de la défense de l’emploi et du pouvoir d’achat auraient dû pousser à une meilleure mobilisation. Mais ce n’est que partie remise quand le pouvoir aura clairement arrêté ses choix et présenté son projet devant l’Assemblée nationale, notamment l’âge de départ à la retraite et le niveau des cotisations dans le nouveau package annoncé.

            Si d’ici là, malgré la détermination affichée par la présentation d’un calendrier court et précis, avec la crise qui pointe à nouveau son nez, Nicolas Sarkozy ne recule pas. Il sera alors facile aux uns de lancer que le temps n’est pas aux réformes difficiles, et à d’autres de maintenir justement qu’il faut savoir souffrir le cas échéant pour se tirer d’affaire dans de bonnes conditions. Mais chacun sait que l’appréciation du courage en politique n’est pas simple.

            À considérer le contexte social local, le cortège aurait pu se manager deux ou trois haltes pour se plonger dans un grand silence et s’infliger un moment d’autocritique quant aux actions qui n’ont pas été menées suite à la liquidation de l’Arast au Conseil général et au vide alors laissé quant à l’organisation d’un service public d’aide aux personnes en difficulté par exemple. Ou encore à propos de la tiédeur de la défense des employés communaux de Saint-Louis qui vont voir baisser leurs salaires, sans concertation avec les syndicats, par décision de Claude Hoarau, leur maire, qui a eu un comportement qui ne colle pas du tout avec l’image que se donne son parti, le PCR, à considérer son comportement face aux courageux syndiqués qui ont osé manifester dans « sa » ville.

            Et pour finir, il importe de se poser quelques questions simples qui tournent dans pas mal de têtes : à quoi servent les syndicats si ce n’est qu’à la survie d’un noyau d’apparatchiks ? Sont-ils vraiment sûrs que les tactiques et les stratégies arrêtées concourent à la construction d’un meilleur avenir pour les travailleurs ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Politique régionale

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