L'addition pour Gilbert Annette

Publié le par AN LEBON

L’addition pour Gilbert Annette

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Photo: Gilbert Annette, actuel Premier secrétaire fédéral. 

            Le temps est loin où des hommes d’honneur payaient sur le champ leurs erreurs en se démettant de leurs responsabilités ; aujourd’hui la plupart de ceux qui ont causé l’échec d’une entreprise collective cherchent au contraire à éviter les vraies questions, à gagner du temps dans l’espoir de conserver envers et contre tout leur pouvoir, s’estimant même indispensables à leurs entourages.

            Après les mauvais résultats de Michel Vergoz, qui s’est battu comme il a pu, mais qui a payé, lui aussi, des années d’incohérence dans les politiques entreprises et de fuite en avant idéologique dans le débat à gauche – bien des analyses présentées et des positionnements finalisés pendant la campagne arrivaient trop tard –, des décisions graves s’imposent. Le premier pas à faire par la base socialiste afin de repartir du bon pied, c’est de présenter sans tarder l’addition à Gilbert Annette : sa démission en tant que Premier secrétaire fédéral. Il y a des militants de la nouvelle génération qui sont prêts à redonner de la consistance et du mouvement au PS, surtout dans le sens politique qu’il convient de donner aux événements de l’actualité.

            Mais dans cette bataille, où étaient les quelque 1 200 adhérents socialistes de Saint-Denis ? Existent-ils vraiment en aussi grand nombre en réalité, en dehors des fichiers ? C’est vrai qu’il y a eu des mécontents lors de la désignation de leurs représentants dans la zone d’éligibilité prévue, mais tout de même : Le PS a conquis une commune dont la composition sociologique de la population devrait l’avantager et pourtant Michel Vergoz à Saint-Denis s’est fait battre au premier tour, et par son adversaire de droite et par son concurrent de gauche. Quant au 2e tour, malgré un effort attendu et promis par Gilbert Annette, l’ordre d’arrivée n’a pas changé, les résultats sont toujours plus qu’insuffisants alors qu’à Saint-Joseph et à Saint-Benoît ils sont à la hauteur des attentes. Et dire que la direction s’attendait à voir un PS dans toute l’île bien au-dessus des 20 %  au 2e tour. Qu’on ne permette pas au principal responsable de cette défaite de s’abriter derrière le classique reconstruisons ensemble en repartant avec les mêmes appuis, la même gouvernance et les mêmes erreurs d’analyse.

            Gilbert Annette a-t-il joué franc jeu dans la phase préparatoire de cette campagne en privilégiant des opérations tactiques avec le PCR au conseil général ? Des débats sur le fond des dossiers de façon à faire avancer Paul Vergès dans un travail de compromis – il est vrai que la recherche de la synthèse n’est pas dans la culture politique du leader du PCR – auraient évité à la tête de liste socialiste d’ouvrir de nouveaux fronts en pleine bataille. N’a-t-il pas un peu trop anticipé sur les prochaines sénatoriales ? C’est à lui de répondre à ces questions, devant les militants d’abord, et ensuite devant toute l’opinion, s’il ne veut pas que sa trajectoire politique ne soit finalement jugée que comme une suite d’aventures personnelles.

            Le plus terrible, c’est que malgré les succès électoraux précédents la place du PS n’est pas garantie, et reste éloignée de la sérénité nécessaire face au PCR. Peut-être qu’il faudrait retenir un principe simple pour avancer durablement : respecter les siens, c’est commencer à se donner les moyens de se faire respecter par les autres.

Publié dans Politique régionale

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