Le Michel Vergoz nouveau est arrivé

Publié le par AN LEBON

 

Le Michel Vergoz nouveau est arrivé

 
Photo: Quand Michel Vergoz se penchait sur l'aménagement du territoire.

            Un moins bon cru que 2 004, où l’homme et son parti s’étaient alors donné comme objectif la prise du pouvoir à la Région. Celui de 2 010 est bien au-dessous, car, à lire son interview dans « Le Quotidien », qui cadre tout, le fond et la méthode, et bizarrement avant que le projet du PS ne soit adopté en interne et connu du public, c’est le renoncement à être le chef de la future majorité régionale qui en est le message principal, sans doute principalement adressé à Paul Vergès qui se trouve en ce moment sous les feux de l’actualité. Certains projets et certaines méthodes de l’actuelle majorité que la tête de l’assemblage des tribus socialistes s’est appropriés, et qui s’écartent fortement aujourd’hui des fortes réserves émises par des élus socialistes au cours du mandat qui se termine, n’entrent pas vraiment dans le moule du parti, ce qui ne laisse alors aucun doute quant au changement de ligne : la tactique doit l’emporter sur tout, quitte à trouver des échappatoires embarrassées pour se justifier. Même si les sénatoriales suivent rapidement les régionales, il y avait bien d’autres chemins à emprunter pour se donner des chances de « vaincre la Sarkozie » ; sans oublier, comme le pointe si justement le N°1, « celle qui avance masquée ». Et s’il y en avait même à gauche ?

            Michel Vergoz dans cette interview exécute des contorsions pour essayer de crédibiliser la stratégie que lui et les chefs qui le portent ont choisie. Déhanchement, pour tenter de faire croire que le financement du tram-train est acquis, alors que des incertitudes pèsent encore sur pas mal d’étapes du projet ; prosternation, pour dire que le « protocole de Matignon » qui concerne la tram-train et la nouvelle route du littoral est au centre de tout, alors que la Région priorise la réalisation du premier projet ; glissement, pour clamer qu’un TCSP est incontournable dans l’avenir, alors qu’il oublie aujourd’hui que la différence de celui qui est en débat avec un TCSP-bus est de taille sur bien des plans, une différence qu’il a promue dans le passé et que les difficultés financières éclairent encore plus aujourd’hui.

            Finalement, il arrive même à inverser le bon ordre du travail dans le montage d’un projet : d’abord, le bâtir, et ensuite rechercher des moyens pour atteindre, autant que faire se peut, les objectifs retenus, telle est la méthodologie reconnue. À avancer dans l’autre sens, « faire de choix au regard des moyens », c’est prendre le risque de ne pas être suffisamment créateur et ambitieux pour l’avenir de son pays. Bien sûr, c’est en fonction des crédits du Plan pluriannuel de financements qu’il faudra arrêter les choix » ; mais le débat politique pour savoir ce qu’il faut faire pour la société doit être complètement mené avant si l’on veut que le projet soit soutenu par la population. Autrement, c’est prendre le chemin d’un certain renoncement.

            Ce nouveau formatage semble vouloir dire que l’union à gauche au 2e tour des régionales sera la règle, et que les socialistes ne connaîtront pas cette fois l’humiliation qu’ils ont subie à Chemin Bœuf Mort en 2 004. Les têtes de liste de la gauche devraient l’annoncer avant le premier tour. Mieux même : à suivre le fil de la logique qui se met en place, pourquoi ne devrait-on pas s’attendre, puisque Michel Vergoz prend en charge le bilan des sortants et se glisse dans les perspectives de l’Alliance, à ce qu’il y ait qu’une seule liste aux couleurs des deux camps ? C’est un cru qui va agacer le palais de l’opinion socialiste.

Publié dans Politique régionale

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