La ligne 1200, dans les Hauts de l'Ouest

Publié le par AN LEBON

 

La ligne 1200, dans les Hauts de l’Ouest

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            Point n’est besoin de partir loin de chez soi pour faire une belle balade dans une nature reposante au point que malgré les efforts soutenus pour se hisser sur les pentes le corps finit de lui-même par exprimer une certaine satisfaction : on éprouve l’envie de siffloter au sortir d’un petit bois égayé par les oiseaux tout en continuant d’avancer sur un sentier bordé de petites fleurs sauvage.

            La topographie tourmentée de cette île montagneuse en forme globale de cône qu’est la Réunion offre aux randonneurs une diversité de paysages que l’on retrouve selon les étages de la végétation sur les pentes ; et à peine 2 à 3 heures de marche, la découverte tombe sous les yeux : une plante particulière par son aspect ou ses fleurs, un massif qui se présente comme une sculpture, le vert dense d’une forêt de cryptomerias qui se détache sur le fond du décor, l’abondance des fleurs sauvages et une large gamme de senteurs qui s’en dégagent, etc. Et pour compléter le tout, la randonnée débouche souvent sur la rencontre d’un vieux planteur qui visite toujours ses champs quasiment inexploités aujourd’hui et qui malgré son âge reste accroché à son terrain et à ses plantes ; sur un camarade perdu de vue que l’on retrouve aux détours d’un sentier, et que l’on a connu sur les bancs de l’école ; sans compter les toujours agréables retrouvailles avec les amoureux de la nature (les contacts se nouent facilement en marchant) que l’on voudrait prolonger mais que la nécessité de boucler le parcours dans un temps donné impose d’abréger. On se dégage difficilement des contraintes de la vie moderne, on reste un peu trop rivé à sa montre, trop dépendant de son téléphone portable. La nature est un formidable miroir qui nous permet de nous regarder vivre, et qui nous invite à quelques corrections.

            Dans l’Ouest, on passe aujourd’hui de la zone des 300 à 600 m d’altitude consacrée aux cultures classiques (cannes à sucre, et diverses petites cultures vivrières) à la zone des 600 à 800m où les pâturages (développement de l’élevage des bovins) ont remplacé le géranium par de belles voies bétonnées grâce aux fonds européens, ou par des vieux chemins de charrettes et des sentiers historiques qu’affectionnent aujourd’hui les seuls randonneurs.

Un exemple de circuit : quitter le Bois de Nèfles Saint-Paul, et laisser sa voiture à Bel Air, sur le chemin des Barrières, près du pont de la ravine Bassin ; prendre le chemin Valin, très pentu, et à l’intersection avec le chemin FEOGA1, s’engager dans un petit sentier qui monte vers la ligne 1 200 à travers champs, pâturages, bois et forêts. Et pendant une heure et demie, le paysage force le marcheur à mettre en éveil tous ses sens, tellement il est vivificateur. Bien entendu, quand le sentier est encadré par la vigne maronne, une peste qui envahit nos forêts dont le prix pour s’en débarrasser est inabordable, les sensations sont différentes.

            Tout est ensuite possible pour fixer la 2e partie du parcours : soit continuer à monter pour sortir de la forêt de cryptomerias, rentrer ensuite dans la forêt primaire où domine le tamarin des hauts pour arriver carrément sur le bord du cirque Mafate, et redescendre du côté de l’Ilet Alcide pour le retour – la méga randonnée dans ce cas ; soit, partir sur la droite en direction de la route qui monte de la Petite-France et redescendre avant l’intersection pour terminer la boucle ; soit encore en prenant tout de suite sur la gauche et redescendre vers le Bel Air. Dans le dernier cas, il faut compter 3 heures pour un bon marcheur ; 4 à 5, si l’on aime s’arrêter et discuter pour tout apprécier. Il ne faut pas grand-chose pour se plonger dans la nature et en tirer du plaisir : de l’eau, des fruits secs, et au départ une envie de se lancer sur les sentiers par beau temps.

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