Et si c'était un puits signé Elie EUDOR?

Publié le par AN LEBON

 

Et si c’était un puits signé Elie EUDOR ?

 

            Il n’était pas possible de garder la rue Lenormand fermée à la découverte dans cette rue d’un site archéologique, compte tenu des déplacements des engins de chantier de la rénovation du centre-ville de Saint-Paul. La reprise des fouilles est prévue pour bientôt, en juillet, dit-on.

elie02-copie-1.JPG 

Photo : le nouveau site archéologique.

            L’historien Alexis Miranville a porté à la connaissance de l’opinion une recherche faite autour d’un esclave saint-paulois, un tailleur de pierre de talent, Elie EUDOR (voir l’article précédent). Ses travaux aux archives départementales et à l’Evêché de la Réunion (les actes de baptême et de mariage sont aussi des pièces qui permettent de bons recoupements) donnent des indices concordants qui permettent de sortir de l’énigme « EUDOR ». Elles montrent que les inscriptions sur la table funéraire à la sortie sud de l’église de Saint-Paul (ELIDOR, 1 850), ainsi que celles qui sont sur le mur de la maison Lenormand, juste à côté de la découverte (ALIDOR, 1 849), ont toutes les chances d’être des signatures d’Elie EUDOR, un esclave qui ne savait ni lire ni écrire. On retrouve d’ailleurs cette signature (EUDOR, 1 853) sur le mur de l’ancien tribunal d’instance au Quai Gilbert. Mais l’historien n’affirme pas pour autant que la découverte près de la mairie de Saint-Paul a un lien direct avec cet artiste saint-paulois. Il demande, entre autres, que l’on procède à des datations des maçonneries en ce lieu.

            Pourtant à quelques mètres du mur signé, se trouvent les pierres taillées caractéristiques externes de ce site. Une question mérite d’être posée : Est-ce l’œuvre du même artiste ? Alexis Miranville en tant qu’historien est tenu à la prudence dans ses investigations et à la rigueur de la démarche historique ; mais un simple citoyen saint-paulois, intéressé par l’énigme EUDOR, peut aller un peu plus loin et afficher ce qu’il devine, un possible lien.

elie3.JPG 

Photo : la signature au-dessus de la porte

            La signature d’ALIDOR (EUDOR) est sur le mur, et pas à n’importe quelle place : Juste au-dessus d’une large ouverture aujourd’hui fermée – mais la présence des gonds permet d’affirmer qu’il y a eu une porte à cet endroit. Et s’il y a une porte, c’est qu’elle donnait sur une cour, un jardin, voire carrément une rue – et peut-être même un jardin sur une rue. Des études ont été menées sur cette maison, elles pourront éclairer cette hypothèse.

elie4.JPG

            Sur la photo on peut voir aussi qu’en face de la porte, dans la rue, se trouve une tâche plus sombre du goudron qui a recouvert les premières fouilles du site de pierres taillées, cette tâche est bien visible parce qu’elle est excentrée de la tranchée qui a été refermée (revoir la première photo ci-dessus).

            On pouvait sortir de la maison par cette porte et aller directement à ce point précis dans le jardin et/ou dans la rue. Très plausible, non ! Et Alexis Miranville ajoute qu’il y avait bien une rue près de cette mairie, et ce dès 1 806. Ce qui gêne en rien l’hypothèse : il reste en effet suffisamment de place pour une rue du côté des murs de la mairie. Le bâtiment où l’on voit l’inscription 1 950 a été accolé à la mairie elle-même – à voir le décrochage des murs sur la photo. Et peut-être même que ce puits était dans l’espace public. Tous ceux qui habitaient et travaillaient dans la région environnante (activités de débarquement au Quai Gilbert) avaient besoin d’eau, et un tel point était plus que nécessaire compte tenu de l’éloignement des autres lieux d’approvisionnement en eau.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article