Décentraliser le pouvoir municipal

Publié le par AN LEBON

 

Décentraliser le pouvoir municipal

 

Photo : L’entrée de Saint-Paul Ville

            La nécessité de décentraliser le pouvoir municipal a été développée pendant la campagne des dernières élections à Saint-Paul. Elle a été présentée comme une première étape à associer à une nouvelle gouvernance avant d’arriver à la création de nouvelles communes.

            On ne fait pas le bonheur des gens sans eux. Ils ne peuvent avancer durablement dans leurs parcours de réussite individuelle ou collective que s’ils deviennent les propres acteurs de leurs vies, tout en s’inscrivant dans de perspectives meilleures de développement local, et que s’ils ressentent bien ce qu’ils apportent à la valorisation des atouts spécifiques de leurs territoires.

            Dans une grande commune comme Saint-Paul où l’on assiste à une diminution du sentiment d’appartenance à une communauté de vie dans les agglomérations des hauts particulièrement, en raison entre autres d’une accélération de l’étalement urbain, il importe pour renverser le processus de mettre la décision politique dans les quartiers ; autrement dit, de donner du pouvoir aux élus qui vivent sur place, proches de la population et de leurs problèmes, d’abord « dans une logique de subsidiarité », afin de renforcer la citoyenneté.

            Ici, il ne s’agit pas seulement d’une déconcentration mais d’une décentralisation pour traiter de la diversité des situations locales et y apporter des réponses adaptées. Les deux processus se complètent, mais sont différents. La déconcentration apporte une offre plus large de moyens entre la mairie du centre-ville et les mairies annexes des quartiers, mais, à s’en contenter, pour utiliser une image, « c’est toujours le même marteau qui frappe même si on en a raccourci le manche ». En effet, les services déconcentrés, administratifs et techniques, dépendent toujours du pouvoir du centre, les liens politiques n’étant pas changés, « l’autorité centrale continue à s’exercer aussi bien sur les personnes que sur les actes ».

            La réflexion doit porter sur le rôle politique de l’équipe d’élus de chaque agglomération. Dans une première étape, sans viser une autonomie juridique d’un système d’arrondissements avec des pouvoirs bien marqués, il est possible de leur confier la responsabilité d’organiser des assemblées de quartiers, en veillant, entre autres, à ce que les invitations à y participer soient largement diffusées auprès du public, dans un apprentissage à la structuration des débats.

            Et c’est dans ce cadre que pourra agir « un adjoint en charge du développement de la démocratie participative », dont le rapport annuel sera présenté en séance publique du conseil municipal ; ainsi que « des jurys citoyens pour discuter et évaluer certains aspects des politiques sur la commune ». Et que puisse aussi s’exercer « un droit d’interpellation du maire en séance publique à partir d’une pétition signée par 1000 citoyens » !

            Sans cela, beaucoup des grandes orientations du plan de développement adopté dernièrement, qui intéressent les Hauts comme les Bas de la commune, ne pourront jamais entrer en application. Les priorités dégagées en tenant compte des difficultés que connaît la population ne pourront jamais devenir effectives. Adieu équilibre à trouver dans l’aménagement du territoire, zones d’activités à créer dans les Hauts, structuration des bourgs à financer au plus vite… car sans une vigilance constante des élus sur place l’argent ne viendra pas suffisamment.

Publié dans Politique communale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article