De l'îlet Alcide à Maïdo

Publié le par AN LEBON

 

Partie 2 : La grande randonnée : De l’îlet Alcide à Maïdo par le sentier « rempart du Maïdo ».

 

            Sur le retour, il était environ 10H30 quand nous sommes arrivés au sommet de la petite crête qui domine l’îlet Alcide. À une intersection, nous décidâmes, compte tenu du temps et des vivres disponibles (nourriture et eau), de ne pas repartir directement par le sentier qui mène au parking de la route Forestière mais de prendre celui des remparts. Unanimement ? Pas tout à fait : les réservés devant une marche jugée un peu trop longue se rangèrent quand même aux arguments de ceux qui estimaient qu’il était préférable d’investir notre énergie dans un autre itinéraire d’autant que la carte consultée au départ indiquait qu’une boucle un peu plus large était possible. Avec un avantage certain qu’annonçaient plusieurs sites Internet : une nature d’où prédomine le tamarin des Hauts, et qui permet de superbes points de vue sur tout le cirque de Mafate.

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Photo : Le cirque de Mafate.

            Un argument qui a eu son effet parce qu’en peu de temps une vue splendide s’est offerte à nos yeux : L’îlet des Orangers, à nos pieds, un peu à gauche ; plus décalé de la montagne et un peu à droite, le village de Roche Plate ; plus loin, au fond, sur un grand plateau, La Nouvelle ; et plus au fond encore et à droite, le petit village de Marlat. Le tout est dominé par une ligne de crête en forme d’arc tourné vers le bas et qui part du Gros Morne au Grand Bénard en passant par le col de Taïbit. Un avantage que les passionnés de la photo apprécièrent tout de suite : un cirque tout ensoleillé et décoré de quelques boules de nuages blancs qui ne gênaient en rien la visibilité – et sans ce petit voile clair qui gâche la netteté des photos quand elles sont prises de bon matin au grand point d’observation du Maïdo, passage incontournable pour les touristes.

            Et nous voilà partis le long du sentier des remparts sur des portions carrément gazonnées à travers une magnifique forêt de tamarins des Hauts, et, entre les paliers, concentrés dans l’ascension de bonnes côtes. Chacun de nous avait alors pour mission de repérer sur notre droite le départ d’un autre sentier qui devait nous permettre de boucler cet itinéraire.

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Photo : Au départ du sentier des remparts.

            En cheminant le long des remparts, sur de la bonne terre, à travers des clairières à pâturage, dans une zone en altitude près d’un à-pic, ce qui veut dire que le cirque est dû aussi à un effondrement et pas un seulement à l’érosion due aux pluies cycloniques, c’était un peu comme si tous les îlets de Mafate défilaient sur notre gauche dans un cadre exceptionnel. Le fameux sentier à trouver n’arrivant pas, il a fallu continuer et continuer encore. Et ce fut une longue série de grimpettes, car on y retrouve les crevasses de toutes les ravines traversées le matin et qui sont tout simplement au tout début de leurs bassins de réception qui prennent naissance à cet endroit. D’ailleurs, un panneau indiquant la ravine La Plaine nous interpella un court moment : il ne nous est pas venu tout de suite à l’esprit que l’eau que l’on voit passer à la Plaine Saint-Paul en période de fortes crues en été commence à se mettre en route ici ; il en est de même pour toutes les eaux qui dévalent les ravines qui traversent le Bois de Nèfles Saint-Paul, jusqu’à la ravine Tête Dure au moins !

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Photo : Une clairière dans la forêt de tamarins.

            Tout allait bien, mais au bout d’un peu plus de 2 heures, avec souvent des montées en escaliers à hautes marches faites de troncs d’arbre qui demandaient pas mal d’efforts, et sans que l’on parvienne à trouver le fameux sentier pour redescendre – nous étions à la recherche du sentier perdu – une question se posait dans le groupe : fallait-il rebrousser chemin ou persister dans le choix fait après l’îlet Alcide ?

            Nous décidâmes donc de reprendre des forces en faisant une pause pour nous restaurer parce que, quelle que soit la décision, il nous restait encore plusieurs heures de marche. Revenir sur nos pas pour retrouver toutes les difficultés surmontées depuis le matin n’enchantait pas tout le monde ; les plus optimistes estimaient qu’en continuant on devrait nécessairement trouver ce fameux sentier pour redescendre plus rapidement vers le point de départ de notre excursion. Au bout d’une heure de plus, nous en étions toujours au même point ; un léger stress commençait à nous envahir.

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Photo : La végétation du Maïdo.

            Mais le moral remonta vite – a-t-il seulement été un peu bas ? – une fois que l’on s’était mis dans la tête que le retour à la maison ne pouvait se faire qu’en fin de journée. Et pour sortir de la forêt, il a fallu monter et monter encore jusqu’à que l’on se retrouve sur les dalles de lave du Maïdo, dans une végétation brusquement rabougrie, en raison de l’altitude et de l’exposition au vent. Nous étions à un peu plus de 2 000 m d’altitude, un peu sous le parking du Maïdo, et personne n’avait vu ce maudit sentier sortir des broussailles ; il nous restait plus là nous étions arrivés qu’à prendre la route asphaltée pour retrouver nos voitures, à quelque 7 km de là, ce qui n’est pas très agréable pour une fin d’excursion, d’autant qu’il fallait faire encore un peu plus de 4 km sur la route Forestière pour attraper nos voitures.

            C’est en consultant la carte au départ le matin, que nous avions vérifié qu’il existait bien une voie à emprunter pour réussir la boucle, mais en passant par un des pare-feux rencontrés en montant et qui ne se voyaient qu’à distance parce que n’étant plus des espaces franchement délimités. Quelques-uns de marcheurs eurent la chance de ne pas faire à pied toute la distance prévue sur l’asphalte grâce au stop réussi de deux d’entre nous qui purent ainsi se rapprocher des voitures et en ramener une pour soulager les autres baladeurs.

            Mais tout le monde a surtout retenu de cette longue balade la beauté des paysages de ce sentier et la qualité de la vue sur Mafate, et, à proposer à d’autres marcheurs un parcours raisonnable et intéressant, nous leur recommanderions de partir du Maïdo pour descendre ensuite cette forêt de tamarins et, après un petit passage à l’îlet Alcide, de reprendre le sentier qui mène au parking de la route Forestière pour se faire récupérer en voiture.

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